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guide pratique 11 minutes de lecture

Comment enfiler et entretenir vos bas de compression sans y passer vingt minutes ?

Le réveil sonne, les bas sont pliés sur la chaise, et vingt minutes plus tard vous êtes en nage avec un bord qui roule sous le genou. Voici l’ordre exact des gestes du matin, l’entretien qui préserve la maille et les signes qui imposent de refaire prendre vos mesures.

Écrit par Jimenez Julien, publié le , mis à jour le .

Femme d’une cinquantaine d’années assise sur un tabouret de salle de bains, gants aux mains, enfilant un bas de compression beige à l’aide d’un enfile bas

La réponse tient en trois décisions, et aucune ne se prend au moment où vous êtes déjà assise au bord du lit, en retard, avec un bas roulé en accordéon sur la cheville.

  1. Poser la compression avant de mettre le pied par terre, jambe encore au repos.
  2. Préparer la peau et les mains la veille au soir, jamais au réveil.
  3. Faire glisser la maille avec une aide à l’enfilage plutôt que de tirer avec les doigts.

Le reste relève du geste: retourner le bas jusqu’au talon, poser le talon d’abord, répartir la maille par petites poussées. Une fois la séquence installée, les deux jambes se font dans le temps d’un café qui refroidit. Et c’est l’entretien, pas l’enfilage, qui décide de la durée de vie de vos paires.

Pourquoi le moment de l’enfilage décide de toute la journée

Vos bas ont été choisis sur des mesures prises au moment où votre jambe était au plus près de son volume de repos. Chaque minute debout avant de les poser vous éloigne de cette mesure.

Poser la compression avant que la jambe ne gonfle

Au lever, la nuit allongée a joué en votre faveur: la cheville est au plus fin et la maille correspond encore à ce pour quoi elle a été taillée. Trente minutes de petit déjeuner debout, une douche chaude ou un aller retour à la boîte aux lettres suffisent à changer le rapport de force.

Un bas remis à onze heures semble soudain deux tailles trop petit: ce n’est pas votre force qui a baissé, c’est le volume qui a monté. Posez donc vos bas sur la table de nuit, jamais dans la salle de bains.

Peau sèche, ongles courts, mains protégées

La moitié du temps perdu le matin se joue la veille. Une peau grasse freine la maille, un ongle long accroche le fil, une main sans prise vous fait tirer trois fois plus fort.

  • Crème hydratante le soir, jamais juste avant l’enfilage.
  • Ongles limés courts, bagues retirées, alliance comprise, avant de toucher le bas.
  • Peau parfaitement sèche, y compris entre les orteils.
  • Gants de préhension posés avec le bas, pas rangés dans un tiroir de cuisine.

L’ordre exact des gestes, jambe après jambe

Une jambe entière, du début à la fin, puis la seconde. Alterner double les reprises.

Retourner le bas jusqu’au talon

Glissez la main dans le bas jusqu’à saisir la pointe du pied par l’intérieur, puis retournez l’ensemble sur lui même. Vous obtenez un bas replié sur toute sa longueur, pied à l’endroit et jambe retournée comme une chaussette de laine.

Cette étape se fait assise, sans le bas sur le pied. C’est elle qui supprime la lutte des minutes suivantes: le tissu à faire progresser ne dépassera jamais quelques centimètres à la fois.

Placer le talon avant de dérouler

Enfilez la pointe du pied, puis remontez jusqu’à ce que la zone renforcée du talon se loge exactement dans l’angle de votre talon. Vérifiez du plat de la main avant d’aller plus loin.

Un talon mal placé ne se rattrape jamais plus haut. Il crée un pli sous la voûte et une gêne qui vous fera retirer le bas à quatorze heures. S’il est décalé, redescendez et recommencez: dix secondes contre une journée d’inconfort.

Répartir la maille par petites poussées

Ensuite, on ne tire plus: on pousse. Avec les paumes, jamais le bout des doigts, faites progresser le bourrelet de tissu de deux ou trois centimètres à la fois, tout autour de la jambe.

À la fin, passez les mains à plat de la cheville vers le genou pour lisser les plis, sans jamais saisir le bord supérieur pour l’étirer. Un bord tiré crée un anneau serré qui marque la peau et travaille contre vous toute la journée.

Les aides qui font réellement gagner du temps

Ces accessoires ne sont pas un aveu de faiblesse. On les trouve en pharmacie et chez les fournisseurs d’orthopédie, et ils deviennent indispensables dès que la classe de compression monte ou qu’une épaule, un dos ou une hanche limite votre flexion.

Enfile bas, chausson de glisse et gants de préhension

  • L’enfile bas: un arceau souple sur lequel le bas est tendu à l’avance. Vous posez le pied dedans et remontez les sangles, sans plier le buste. L’aide reine quand attraper votre pied est douloureux.
  • Le chausson de glisse: un fourreau satiné enfilé sur le pied, sur lequel le bas glisse sans accrocher, retiré ensuite par l’ouverture du bout de pied.
  • Les gants de préhension: fins, antidérapants. Ils donnent la prise qui évite de tirer et protègent la maille des ongles.

Ces accessoires ne relèvent pas tous du même régime que le bas lui même. Avant d’acheter, il vaut la peine de savoir ce qu’une ordonnance de compression médicale couvre réellement et ce qu’elle laisse à votre charge.

Ce qui fait perdre du temps sans le dire

  • Une crème appliquée juste avant: la maille colle, glisse mal et se salit.
  • Un bas encore un peu humide au sortir du séchage: il devient impossible à faire progresser.
  • Une paire posée à plat sur le lit et enfilée en position debout, en équilibre sur une jambe.
  • Des ongles de pied non coupés, qui accrochent la pointe et finissent par la percer.

Laver, sécher, alterner: l’entretien qui garde la maille vivante

L’élasticité d’un bas médical est un consommable. Elle s’use avec la sueur, la chaleur et l’étirement, beaucoup plus vite si l’entretien est approximatif.

Un lavage après chaque port

Un bas se lave après chaque journée de port, à la main ou en programme délicat dans un filet, avec une lessive douce. Le sébum et la transpiration attaquent les fils élastiques plus sûrement que le lavage.

Deux produits sont à écarter: l’assouplissant et l’eau de Javel. Le rinçage doit être complet, et l’essorage se fait en pressant le bas dans une serviette éponge, jamais en le tordant.

Séchage à plat, loin du radiateur

Le bas sèche à plat, sur une serviette, à température ambiante. Ni sèche linge, ni radiateur, ni sèche cheveux un matin de retard: la chaleur directe détruit la maille plus vite que tout. Reportez vous à la notice du modèle délivré, les programmes admis variant d’un fabricant à l’autre.

Deux paires en alternance

Deux paires portées en alternance durent nettement plus longtemps que deux paires usées l’une après l’autre: entre deux ports, les fils élastiques ont besoin de repos pour retrouver leur longueur.

La rotation résout aussi le problème du matin: une paire propre et sèche est toujours disponible. Exposez ce besoin de deux paires à votre médecin au moment de la prescription, avec vos contraintes réelles de port.

Reconnaître une paire fatiguée ou une mesure qui ne convient plus

Une paire fatiguée ne se voit presque pas. Elle se lit dans votre soirée plutôt que dans le tissu.

Ce que vous constatezCe que cela indique le plus souventCe que vous faites
Le bord supérieur roule sur lui même en fin de matinéeMaille détendue ou longueur inadaptéeReprise des mesures chez le pharmacien ou l’orthopédiste
Une marque creuse persiste plus d’une heure après le retraitSerrage localisé, pli ou modèle trop courtContrôle du modèle et de la taille, avis du prescripteur
Le bas s’enfile beaucoup plus facilement qu’au débutPerte d’élasticité de la pairePassage sur la paire de rotation, renouvellement à demander
Fil tiré, trou, talon aminci, pointe percéeFin de vie mécaniqueRetrait de la paire du roulement, sans réparation
Le mollet a changé de tour depuis la dernière commandeMesures périméesNouvelle prise de mesures avant toute commande

Bord qui roule, marque profonde, effet garrot

Un bord qui roule transforme le haut du bas en anneau serré, et l’effet garrot va exactement contre ce que la compression est censée faire. Dès la deuxième heure, il signe une paire ou une longueur à revoir, jamais un défaut de votre part. Notez la date d’apparition: c’est elle, et non votre impression, qui rendra votre demande de renouvellement crédible au comptoir.

Enfilage devenu étrangement facile

Le signal le plus trompeur est agréable. Un matin, le bas monte tout seul, vous avez gagné cinq minutes, et vous vous en félicitez. C’est presque toujours le moment où la paire a cessé de travailler.

La facilité soudaine se vérifie, elle ne se célèbre pas. Comparez avec la paire de rotation la plus récente: si l’écart est net, l’ancienne sort du roulement.

Noter ce que vous avez porté et ce que la journée a donné

Toute cette technique ne sert à rien si personne, vous comprise, ne sait combien d’heures vous portez réellement vos bas.

Trois colonnes suffisent le premier mois

Le premier mois, trois colonnes suffisent: heures de port de la compression, heures passées debout, douleur du soir de zéro à dix. Trente secondes avant de vous coucher, sur une page quadrillée ou dans le carnet Lipedouce.

Ne commentez pas le soir même: c’est le commentaire quotidien qui fait abandonner les journaux au bout de dix jours. Si vos journées de service sont longues, la liste à cocher avant une journée de plus de sept heures debout se glisse à côté de ces trois colonnes.

Relire au bout de trois semaines, pas tous les soirs

La relecture espacée fait apparaître ce qu’aucune impression du soir ne donne: les jours où le bas a été retiré avant seize heures, les semaines où la douleur monte sans que les heures debout bougent, l’écart entre une paire neuve et une paire fatiguée.

Vous n’arrivez plus en consultation avec un ressenti mais avec une série datée. Cette lecture vous aidera aussi à choisir entre mouvement doux à domicile, bassin municipal et séance encadrée pour la saison qui vient.

Les conditions de prescription et de prise en charge de la compression sont présentées par l’Assurance maladie sur son site ameli.

Retenez trois choses. L’enfilage se gagne la veille, par la peau, les ongles et les aides posées près du lit. L’entretien décide de la durée de vie de vos paires bien plus que la marque. Une paire qui s’enfile trop bien est une paire à remplacer. Pour voir comment le carnet relie port de compression, heures debout et douleur du soir sur un même écran, demandez une démonstration du suivi Lipedouce en exposant vos contraintes de journée.

Après la lecture

Ce que vous venez de lire, Lipedouce le tient avec vous

Le carnet reprend exactement ces repères et les garde datés à votre place, douleur du soir, lourdeur, chaleur ressentie, heures passées debout, port de la compression prescrite et séances de mouvement doux réellement faites. Vous repartez en consultation avec une page imprimée plutôt qu’avec un souvenir approximatif, et sans qu’aucun chiffre de poids ne vous soit demandé.

Portrait de Jimenez Julien, auteur du Relevé du soir

L’auteur de ce magazine

Jimenez Julien

Jimenez Julien conçoit Lipedouce, le carnet quotidien des femmes concernées par le lipœdème, entre relevé de la douleur, mouvement doux sans impact et suivi de la compression médicale prescrite. Il a passé des mois auprès de femmes en poste debout, de kinésithérapeutes et d’accompagnantes formées, à relire des carnets papier tenus pendant des saisons entières et à écouter ce que les consultations laissaient de côté.

Le parcours de Jimenez Julien et les carnets qui ont servi de point de départ

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