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Lipedouce Ouvrir mon carnet

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Celui qui tient le carnet, et pourquoi il l’a ouvert

Jimenez Julien conçoit et édite Lipedouce. Il n’est ni médecin, ni kinésithérapeute, et ne prétend rien soigner. Il construit des outils de relevé pour des femmes que le système de santé écoute mal, et il assume que la seule chose qu’il puisse offrir soit un carnet honnête.

Portrait de Jimenez Julien, fondateur de Lipedouce et directeur de la publication
Jimenez Julien, fondateur de Lipedouce

Le point de départ, une phrase entendue trop souvent

Tout a commencé par une remarque, répétée par plusieurs femmes de mon entourage, à deux ans d’intervalle et dans deux départements différents. Elles disaient, littéralement, que leurs jambes ne leur appartenaient pas. Elles avaient maigri du visage, des bras, parfois du ventre, et rien n’avait bougé sous la taille. Elles avaient mal quand on posait la main sur leur cuisse. Elles se faisaient des bleus sans se cogner. Et à chaque consultation, la réponse tenait en deux verbes, manger moins, bouger plus.

J’ai commencé à lire ce que je pouvais lire, en tant que profane, sur le lipœdème. J’ai découvert une affection très majoritairement féminine, mal mesurée en France, longtemps confondue avec l’obésité ou avec un simple lymphœdème, et souvent reconnue après des années. J’ai surtout découvert un décalage brutal, d’un côté des femmes qui décrivaient très finement leurs symptômes, de l’autre aucun support pour transformer cette finesse en document utilisable en consultation.

Six mois à regarder des carnets papier

Avant d’écrire la moindre ligne de code, j’ai demandé à voir des carnets. Des vrais, en papier, tenus sur des cahiers quadrillés d’écolier. J’en ai regardé onze, dans quatre régions, avec l’accord de leurs propriétaires et sans jamais en publier une image. Ils se ressemblaient tous, et c’est ce qui m’a le plus marqué.

On y trouvait la même colonne de chiffres de douleur, notés de zéro à dix, avec parfois deux valeurs, une pour le matin et une pour le soir. On y trouvait le nombre d’heures debout, souvent souligné deux fois les jours d’inventaire, de garde ou de fête de famille. On y trouvait la mention du port des bas de compression, un simple oui ou non, parfois complété par la durée. On y trouvait la météo. Et on y trouvait, à la fin de chaque cahier, une double page de questions préparées pour un rendez vous, avec des mots barrés et réécrits, parce que la phrase juste ne venait pas.

Presque aucun de ces carnets ne contenait de poids. Celles qui en notaient un l’avaient raturé. Cette absence en dit long, et elle est devenue une règle de conception, Lipedouce ne demande jamais votre poids et n’en fait jamais un indicateur de réussite.

Ce qui m’a fait renoncer à la version facile

La version facile de ce produit existait, et elle se vendait déjà ailleurs. Un programme de douze semaines, une promesse de réduction visible, un plan alimentaire strict, quelques compléments en affiliation, des photographies avant après. Elle aurait été plus rentable, plus rapide à écrire, et parfaitement immorale au regard de ce que j’avais lu et entendu.

J’ai donc écrit une liste d’interdits avant d’écrire la liste des fonctionnalités. Pas de promesse de disparition du lipœdème. Pas de vocabulaire de perte de graisse. Pas de photographie de silhouette. Pas de compléments alimentaires, ni vendus ni recommandés. Pas d’avant après, même envoyé spontanément par une utilisatrice satisfaite. Pas de comparaison entre utilisatrices. Pas de notification culpabilisante. Cette liste tient sur une page, elle est affichée au dessus de mon bureau, et elle n’a pas bougé depuis.

La règle qui tranche tous les arbitrages

Quand une fonctionnalité pourrait laisser croire qu’elle soigne, elle est retirée ou reformulée. Quand un affichage pourrait retarder une consultation, il est remplacé par un renvoi vers un avis médical. Aucune amélioration de conversion n’a jamais justifié de franchir cette limite, et aucune ne le justifiera.

Le terrain français, avec ses circuits réels

Un carnet qui ignore le parcours de soins français ne sert à rien. J’ai donc passé du temps à comprendre comment les choses se passent concrètement, du médecin traitant vers l’angiologue ou le médecin vasculaire, puis vers le kinésithérapeute, avec une prescription éventuelle de compression médicale inscrite à la liste des produits et prestations remboursables, et une prise en charge par l’Assurance maladie soumise à conditions.

J’ai aussi compris ce que je ne devais surtout pas faire. Ne pas interpréter une prescription. Ne pas donner de classe de compression. Ne pas annoncer un montant de remboursement qui varie selon les situations et les périodes. Ne pas jouer les intermédiaires avec une caisse. Lipedouce explique le vocabulaire, garde les dates, prépare les questions. Le reste appartient aux professionnels de santé, et cette frontière est aussi une protection pour les femmes qui utilisent le carnet.

La même prudence s’applique aux allégations. Le contrôle des pratiques commerciales trompeuses par la répression des fraudes, comme les règles qui encadrent l’exercice de la médecine, ne sont pas des contraintes subies ici. Ce sont exactement les garde fous que je souhaitais, parce qu’ils m’empêchent d’écrire une phrase que je regretterais.

Ce que j’ai appris en salle municipale

J’ai assisté, en spectateur silencieux et avec l’accord de toutes, à des séances de mouvement doux organisées dans des salles municipales et des maisons de quartier. Ce sont des lieux modestes, un linoléum clair, des radiateurs en fonte, des chaises empilées dans un angle. Ce sont aussi les lieux où j’ai vu la vraie mesure du succès.

Elle ne se lit pas dans l’intensité de l’effort, mais dans le fait de revenir la semaine suivante. Les femmes qui abandonnaient étaient presque toujours celles à qui on avait proposé une séance trop longue, trop debout ou trop douloureuse dès le premier jour. Celles qui tenaient avaient commencé par six minutes, assises, avec un appui. C’est pour cela que la bibliothèque de Lipedouce compte autant de versions courtes, et que la régularité est le seul indicateur mis en avant.

Mes convictions produit, en clair

Un relevé vaut mieux qu’un souvenir
Douze semaines datées valent plus qu’une heure de récit en consultation. Le carnet existe pour rendre à chaque femme la mémoire précise de ses propres journées.
La douleur se note, elle ne se discute pas
Aucun écran de Lipedouce ne relativise un score de douleur, ne le compare, ne le félicite ni ne le déplore. Il l’enregistre, et c’est tout.
Le corps décide du niveau
Toute séance existe en version raccourcie et en version assise. Descendre d’un cran n’est jamais présenté comme un échec, mais comme une adaptation normale.
Le poids n’est pas un objectif
Il n’est ni demandé, ni suivi, ni affiché. Les femmes concernées par le lipœdème ont assez donné à cette case là.
Le silence vaut mieux qu’une phrase floue
Quand nous ne savons pas, nous écrivons que nous ne savons pas et nous renvoyons vers un professionnel de santé. Aucune réponse plausible ne remplace une réponse exacte.

Ce que je fais moi même, chaque semaine

Je lis les messages reçus par le formulaire et j’y réponds personnellement, sous deux jours ouvrés du lundi au vendredi. Je relis les témoignages avant publication, je vérifie qu’aucune affirmation médicale ne circule sans source et je retire ceux qui vantent un protocole extrême, même envoyés de bonne foi. Je note les demandes qui reviennent, et ce sont elles qui décident de la prochaine fonctionnalité.

Je m’occupe aussi de la partie ingrate, la sécurité des accès, la conservation des données, la suppression réelle quand une utilisatrice s’en va. Un carnet de santé personnel n’a de valeur que si sa propriétaire sait précisément ce qu’il devient. C’est pour cette raison qu’aucun outil de mesure d’audience n’est installé sur ce site, et qu’aucun bandeau de consentement ne vous est imposé.

Les neuf articles du Relevé du soir

Le magazine du carnet est paru d’un seul tenant le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne. Il n’y a donc aucun historique à remonter: les neuf articles se lisent dans l’ordre du sommaire, du geste le plus concret du matin à ce qui évolue en France autour du lipœdème. Je les ai écrits, relus et datés moi même, et je les corrige quand une règle change.

Le sommaire complet, avec l’image et le chapeau de chaque article, se trouve sur la page du magazine, Le Relevé du soir.

L’éditeur du service

Lipedouce est édité par MLJ, société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 500,00 euros, immatriculée sous le SIREN 934 769 837, SIRET du siège 934 769 837 00014, numéro de TVA intracommunautaire FR44934769837, inscrite au registre du commerce et des sociétés de Paris depuis le 30 octobre 2024 et enregistrée au répertoire national des entreprises.

Le directeur de la publication est Jimenez Julien. Le contact éditorial et commercial se fait à l’adresse jimenezjulien42@gmail.com. Le détail complet des informations légales figure dans les mentions légales, les conditions de service dans les conditions générales d’utilisation, et le traitement des données dans la politique de confidentialité. L’ensemble des pages est listé sur le plan du site.

Me suivre et me joindre

Les profils ci dessous sont les seuls que j’utilise. Si un compte se présente ailleurs sous le nom de Lipedouce ou sous le mien, il ne vient pas de moi.

Si vous êtes concernée par le lipœdème et que vous hésitez encore, écrivez sans préparer votre message. Une phrase suffit pour commencer, et vous aurez une réponse écrite par une personne, pas par un automate. Le formulaire se trouve au bas de la page d’accueil.